On est jaï dee ou on ne l’est pas

On est « jaï dee » ou on ne l’est pas…

En Thaïlande comme ailleurs, il existe des mots magiques dont le sens dépasse largement leur simple traduction. Chez nous, le « Bonjour », le « s’il vous plaît » et le « Merci » ouvrent bien des portes. En Thaïlande, ce sont les « Sawadee Kha ou Krap » et « Kop Khun Krap » qui incarnent la politesse et le respect.

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Mais il existe une expression encore plus subtile, presque insaisissable : le « Jaï Dee ».

Littéralement, on pourrait le traduire par « avoir bon cœur ». Pourtant, dans l’esprit thaïlandais, il s’agit moins d’un état que l’on possède que d’une manière d’être. Le « jaï dee » ne se décrit pas seulement, il se ressent. C’est une qualité intérieure qui dépasse les mots, une forme d’évidence humaine.

On peut avoir bon esprit ou mauvais esprit, mais le cœur, lui, échappe aux raisonnements. On est « jaï dee » ou on ne l’est pas. C’est ainsi. Et dans cette vision des choses, le cœur ne se discute pas, il se perçoit.

Il serait cependant réducteur de s’en tenir à une simple traduction. Le « jaï dee » englobe bien plus qu’une idée de gentillesse. Il évoque une disposition profonde, une ouverture aux autres, une absence d’agressivité, une forme de bienveillance naturelle. Certains y voient presque une aura, une présence douce et rassurante qui met immédiatement en confiance.

Ainsi, lorsqu’un Thaïlandais vous présente à ses proches dans un cadre informel, il pourra mentionner votre nom, parfois votre statut, et ajouter, s’il en est convaincu, que vous êtes « jaï dee ». Ce simple commentaire suffit à vous situer socialement, bien plus qu’une longue description.

Dans une société fortement imprégnée de spiritualité bouddhiste, cette notion prend une dimension particulière. Être « jaï dee », c’est aussi être perçu comme quelqu’un dont les intentions sont pures, quelqu’un qui, peut-être, a accumulé du mérite dans une vie passée. Cela vous rend digne de confiance, ouvert au partage des émotions, des joies comme des peines.

Finalement, le « jaï dee » ne s’explique pas vraiment. Il se vit, il se ressent… et surtout, il se reconnaît.


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