Le Cambodge déplore sa première victime COVID-19

Un an après le début de la pandémie de Covid-19, le Cambodge déplore sa première victime

Relativement épargné par le COVID-19, le Cambodge vient de signaler le premier décès lié à l’épidémie. Dans le reste du pays, moins de 1 400 cas de contamination ont été répertoriés.

Un an après la déclaration par l’OMS d’une situation de pandémie de nouveau coronavirus, les pays d’Asie du Sud-Est semblent relativement épargnés par le virus. En dépit de leur proximité avec la Chine, où le virus est apparu à la fin de l’année 2019, les cas de contamination restent marginaux et les décès sont rares. La Thaïlande n’a ainsi déploré que 88 morts pour 70 millions d’habitants, le Viêt Nam n’en compte que 35 pour une population de 95 millions de personnes et pas un seul des 7 millions d’habitants du Laos n’a succombé au Covid-19.

Jusqu’à la semaine passée le Cambodge ne présentait pas non plus la moindre victime de l’épidémie. Toutefois le ministère de la Santé du pays a annoncé, vendredi dernier, la mort d’un homme de 50 ans. Celui-ci est décédé à l’hôpital de l’amitié khméro-soviétique de Phnom Penh.

Testé positif le 27 février, l’homme, installé dans la capitale dans le quartier Chak Angrè, a vu sa santé se dégrader rapidement, après avoir été contaminé par son employeur. L’intéressé travaillait en effet en tant que chauffeur d’un ressortissant chinois.

Mesures répressives
Suite à l’annonce de ce décès, le Premier ministre Hun Sen a décidé de renforcer ses mesures de lutte contre le nouveau coronavirus. 300 membres du personnel médical militaire, répartis en 30 groupes, ont été mobilisés pour aider les médecins civils à soigner les patients atteints du Covid-19. Le chef du gouvernement royal a par ailleurs annoncé son intention de réquisitionner deux autres hôtels (plusieurs établissements touristiques sont déjà utilisés) pour les transformer hôpitaux et centres de traitement des personnes contaminées.

Le ministère du Travail et de la Formation professionnelle a quant à lui décidé la fermeture temporaire des centres de formation des provinces de Prey Veng, Kampong Cham et Koh Kong, ainsi que la fermeture temporaire des établissements de formation professionnelle dans la capitale, la province de Kandal, à Sihanoukville et dans la province de Preah Sihanouk.

Le Premier ministre Hun Sen a appelé la population à « faire preuve de responsabilité pour le bien-être du peuple ». Dans le cadre de la loi sur les mesures destinées à prévenir la propagation du virus, le gouvernement a désormais le droit de restreindre ou d’interdire les voyages, les réunions et les rassemblements. Il pourra aussi bloquer l’accès à certaines zones, imposer des restrictions ou des interdictions sur des produits commerciaux et interdire ou limiter les activités des entreprises.

Mais la mesure la plus forte concerne l’arsenal judiciaire de lutte contre le coronavirus. Désormais, le fait de quitter un centre de traitement Covid pourra entraîner une peine de prison de cinq ans, tandis que le non-respect de la quarantaine sera passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

Par ailleurs, une personne convaincue d’avoir transmis le virus à une autre, pourra écoper de dix ans de prison. Et cette peine pourra être portée à 20 ans si la transmission a été faite par un groupe, dans le cadre d’un rassemblement non autorisé.

Moins de 1 500 cas

Les autorités souhaitent à tout prix éviter une flambée de contaminations, surtout depuis la découverte d’un cas de variant britannique. La vaccination, quant à elle, progresse lentement. Sur les 16 millions d’habitants, 270 466 civils et militaires en avaient bénéficié selon les chiffres publiés samedi par le ministère de la Santé.

Le Dr Li Ailan, représentant de l’OMS dans le pays, estime cependant que la situation est fragile et qu’il convient de se montrer plus vigilant que jamais dans le respect des mesures sanitaires. « Le Cambodge est à un stade critique de la transmission du Covid-19, mais nous avons une fenêtre d’opportunité pour arrêter l’épidémie actuelle avant d’être trop tard ».

Dans un pays où la population se montrer généralement assez disciplinée et respectueuse des mesures officielles, et où le brassage des populations est bien moindre que dans les pays occidentaux, le virus circule nettement moins facilement.

Le nombre total de cas de personnes infectées au Cambodge reste ainsi relativement modeste depuis le début de la pandémie l’année dernière. Seuls 1 325 Cambodgiens ont été touchés, dont 730 sont désormais guéris.

Source de l’info : www.ouest-france.fr

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