Charles Sobhraj

L’histoire de Charles Sobhraj, le serial killer sur la route des hippies.

Charles Sobhraj est un tueur en série français qui dans les années 1970 aurait fait entre 15 et 20 victimes, essentiellement des touristes en Asie ( Afghanistan, Indes, Népal et Thaïlande ).
Il doit son surnom de « Serpent » au fait qu’il a toujours réussi à fasciner et manipuler ses victimes, échapper aux policiers et réaliser de spectaculaires évasions . On le dit à la fois escroc, séducteur, détrousseur de touristes, roi de la cavale, expert en poisons et meurtrier diabolique.

Son mode opératoire est toujours le même : il commence d’abord par se lier d’amitié avec les touristes dont il croise la route avant de les droguer et les voler. Ses victimes favorites sont les jeunes hippies qui courent alors les routes de l’Asie en quête de nouvelle spiritualité.

Rendu célèbre par son histoire peu commune, il fait l’objet de plusieurs livres et films.

« Le Serpent ». Une appellation reptilienne qui dit à la fois l’art de la fuite et de la séduction, de l’esquive et du poison. Oui, c’est un peu tout cela, un visage fin, des lunettes de sage, une capacité glaçante à tromper son monde, en particulier les gardiens de prison. Ceux de New Delhi, où il passa autrefois plus de deux décennies, se souviennent qu’il fut leur prisonnier vedette.
Ceux de Katmandou où il purge actuellement une peine de vingt années de réclusion, savent qu’avec lui l’histoire n’est jamais vraiment terminée..

La presse Thailandaise affuble le mystérieux tueur du surnom de « Bikini Killer ».

Sobhraj est né d’une mère vietnamienne et d’un père indien.
Ses parents se séparent quand il a 3 ans, il reste avec son père au Vietnam.
Malgré son jeune âge, celui-ci le laisse vagabonder dans les rues et ne s’en occupe pas.
Quatre ans plus tard, sa mère qui a épousé entre temps un lieutenant francais est de retour à Saïgon, elle décide de le prendre sous sa charge et le ramène en France.

À 19 ans, il écope de trois ans de prison pour vols. Libéré en 1967, il s’éprend d’une jeune Française, Chantal Compagnon qu’il épouse quelque temps plus tard. Il essaie d’entrer dans le droit chemin et travaille un moment dans un restaurant. Mais comme il a un certain goût pour le luxe, le salaire ne lui convient bientôt plus et il retombe vite dans la délinquance.

Intelligent, rusé, parlant plusieurs langues, il décide de s’exiler en Inde avec sa femme..

Sa méthode ? Séduire, droguer, détrousser.

En 1971, il monte un « casse » plus ambitieux. En se présentant comme directeur de casino, il approche une danseuse du ventre à New Delhi dont la chambre d’hôtel, est située au-dessus d’une bijouterie. Avec un complice, Sobhraj la séquestre puis perce un trou dans le plancher afin de s’emparer de diamants mais les deux hommes seront rapidement arrêtés à l’aéroport de Bombay.
Sobhraj ne restera pas longtemps en détention : après avoir drogué les gardiens, il s’évade et fuit à l’étranger.. Un parcours jalonné d’autres arrestations, et d’autres évasions.

Chantal finit par le quitter, il retourne en Inde où il rencontre, en 1975, une jeune Canadienne, Marie-Andrée Leclerc. Ensemble, ils sillonnent l’Asie, s’adonnant au trafic d’héroïne et de pierres précieuses. C’est aussi cette année-là, en Thaïlande, que leur destin bascule. Sobhraj, qui se trouve à Pattaya avec Marie-Andrée et un ami indien, se lie avec une touriste américaine de 18 ans dont le corps sans vie sera retrouvé sur la plage, revêtu d’un Bikini.
A la même époque, d’autres routards sont assassinés en Thaïlande, selon un scénario identique.

Pour franchir les frontières, Sobhraj et ses amis utilisent les passeports dérobés à leurs victimes.
Ils retournent à Katmandou sans savoir que la justice népalaise a enquêté, elle aussi, sur le meurtre d’un couple en décembre 1975. Arrêtés et assignés à résidence, les suspects parviennent à s’échapper.
Vers l’Inde, cette fois, où trois autres personnes apparaissent dans leur sillage : un Français, une Anglaise, une Australienne. Le groupe ainsi constitué écume cette région du monde, détroussant d’autres routards. En juillet 1976, ils sont finalement interpellés à New Delhi.
Etrangement, il ne sera jugé que pour tentative de vol et s’en tirera avec douze ans de prison.
L’autre Français de la bande est relaxé, l’Anglaise et l’Australienne sont condamnées à six ans de détention.
Marie-Andrée, elle, écope de six ans. Par la suite, elle rentre au Canada, où elle décéde d’un cancer.

Sobhraj est à son aise à Tihar, la prison centrale de New Delhi. Il soudoie ses geôliers afin d’obtenir de l’alcool, des livres, parfois même des femmes… Soucieux de son image, il reçoit des journalistes. Certains, sous le charme, le qualifieront de « séduisant ». A son biographe Richard Neville, il confie : « Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler. » A propos des crimes dont il est accusé, la même explication revient souvent : les victimes étaient des rivaux dans le trafic d’héroïne.

Le Serpent sait que cet épisode indien ne durera qu’un temps. Un autre pays le réclame : la Thaïlande, où il encourt la peine de mort pour l’affaire de Pattaya, en 1975. En connaisseur du droit indien, il orchestre alors une étonnante évasion en 1986 : lors de sa fête d’anniversaire, il offre aux surveillants des bonbons – ou des pâtisseries ou du raisin, les versions divergent – bourrés de somnifères, et s’éclipse déguisé en policier ! Cette cavale sera de courte durée, il s’en doute, il le souhaite.
Arrêté à Goa, il est condamné à dix ans de prison supplémentaires. Sa manœuvre a réussi : entre-temps, la demande d’extradition de la Thaïlande a expiré.

En attendant d’être fixé sur son sort, Charles Sobhraj conteste la façon dont la presse le dépeint. Interrogé par Le Monde, il lance : « Ceux qui me décrivent comme le criminel le plus diabolique du siècle ne savent pas de quoi ils parlent. Est-ce que j’ai la tête d’un tueur ?«  Au total, il est tout de même soupçonné d’avoir commis au moins une douzaine de meurtres en Asie…

Sobhraj lit les titres de la presse française sur son arrivée à Paris en avril 1997

Libéré en 1997, après vingt et un ans passés dans les prisons indiennes, c’est du côté de Paris, et non de Bangkok, que son sort fait débat : la France, son « pays », rechigne à l’accueillir. C’est en star du crime, narguant la justice et les familles des victimes que Sobhraj est libéré et retourne en France.
En septembre 2003, il décide de retourner au Népal et reconnu par un journaliste dans les rues de Katmandou, il est alors arrêté par les autorités locales qui le soupçonnent du double meurtre d’une Américaine et d’un Canadien commis en 1975.
Pourquoi avoir pris un tel risque ? Certains médias assurent qu’il avait divers projets, commerciaux et humanitaires, dans ce pays. D’autres évoquent un voyage lié au tournage d’un film.
En août 2004, il est cette fois condamné à la prison à vie.

Le Serpent n’est plus le saute-frontières d’autrefois, mais il continue de séduire.
En 2008, il fait un dernier coup d’éclat en épousant en prison la fille de son avocate, Nihita Biswas, une Népalaise de 22 ans.

L’acteur Tahar Rahim va se glisser dans la peau de ce personnage peu recommandable pour une série de 8 épisodes, qui sera diffusée sur Netflix prochainement.

Le drame va suivre un jeune diplomate de l’ambassade des Pays-Bas à Bangkok qui enquête sur le meurtre de deux ressortissants hollandais. Involontairement il parvient à découvrir le dernier lieu où a résidé le couple : Kanith House. Il convainc alors la police thaïlandaise à perquisitionner, et c’est le début de la fin pour le meurtrier…

Les nouveaux propriétaires du Restaurant O’Coqueiro ont installé une statue du Serpent à la table où il dinaît la nuit de son interpellation en 1986.

3 comments

    1. Bonjour de quel bouquin parlez vous svp ? Il y en à plusieurs mentionnés dans l’article.

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